Le Théâtre souhaite valoriser et soutenir la création artistique.
Chaque saison, des compagnies sont accueillies en résidence dans nos murs durant plusieurs semaines et des spectacles se créent donc dans nos deux salles. L'occasion de faire découvrir à notre public les coulisses d'une création : écriture du texte, mise en scène, scénographie, création lumière... grâce à des répétitions publiques et projets organisés autour de ces résidences.

Écriture et mise en scène Alexandre Lucas Bécourt
Avec Thomas Ailhaud, Marie Communal, Julien Donnot, Margaux Germay, Léa Marcilloux



Projeter un avenir radieux pour son enfant, quoi de plus naturel ? Voir son nom accroché au firmament d'Hollywood, insensé ? Qu'importe, la mère de Burt en est certaine : conçu dans une salle de cinéma, son fils sera une star ! Cabossée par la vie, cette femme devenue mère trop vite se lance dans une quête de gloire pour son fils. De Sochaux à Sartrouville, elle nous relate avec humour et émotion leurs tribulations rocambolesques sur les sentiers de la renommée. Après Courgette, récompensé aux Molières 2024, Pamela Ravassard s’empare avec panache du texte de Gilles Granouillet et poursuit sa réflexion sensible sur les déterminismes sociaux. Seule sur scène, accompagnée de musiques de cinéma, elle est profondément touchante et drôle dans le rôle de cette mère courage. Une histoire lumineuse de transmission et de résilience qui interroge avec finesse l’ambiguïté des projections parentales.
Représentations scolaire et tout public, salle Rabelais, le 5 février 2026
Production Compagnie Paradoxe(s)
Coproduction EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur, le Théâtre – Scène Conventionnée d’Auxerre, la Scène Conventionnée de Chartres
Aide à la résidence de création Théâtre de Beaune
Soutiens Région Bourgogne Franche Comté, Département du Doubs, Département du Val de Marne, ADAMI déclencheur, Réseau Affluence
Partenaires les Théâtres de Maisons-Alfort, Les Chantiers du Théâtre de Villeneuve-Sur-Yonne, le Grand Logis de Bruz
Construction Atelier décor de la MC93

Soy Création - Association loi 1901
Théâtre musical
Écriture Justine Heynemann, Rachel Arditi
Mise en scène Justine Heynemann
Avec Rachel Arditi, Éléonore Arnaud, Valérian Béhar-Bonnet, Simon Cohen, Juliette Perret, Antoine Prud’homme, Marie Sambourg, Sylvain Sounier, Adrien Urso, Kim Verschueren
En 1789, Olympe de Gouges tente en vain de faire jouer sa pièce Zamore et Mirza à la Comédie-Française. Se voyant censurée, elle s’engage pour la défense des droits des femmes, revendique le droit de vote, dénonce l’esclavagisme... Mais à la tribune politique, sa parole est aussi passée sous silence. Qu’à cela ne tienne : elle édite ses écrits, les fait imprimer, puis les colle dans tout Paris. Après Punk·e·s et Songe à la douceur, Justine Heynemann revient au Théâtre de Saint-Maur avec une épopée musicale foisonnante qui vient retranscrire l’engagement de cette héroïne révolutionnaire. Sur scène, dix comédiens-musiciens donnent vie à cette fresque joyeuse qui fait entendre les mots d’Olympe de Gouges, Beaumarchais ou encore Simone de Beauvoir mais aussi ceux d’artistes contemporaines engagées telles qu’Anne Sylvestre ou Zaho de Sagazan. Ce spectacle fédérateur et intergénérationnel est empreint d’une liberté vivifiante. À travers la figure emblématique d’Olympe de Gouges, ce sont alors les voix de toutes les femmes qui résonnent.
Représentation, salle Rabelais, le 28 mars 2026
Coproduction EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur
Partenaires L’Espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur Saône, Théâtre des 2 Rives à Charenton-le-Pont, La Scala Paris – Provence

Collectif Ubique
Conte musical dès 8 ans
D’après le conte Histoire d’Aladdin ou la Lampe Merveilleuse
Écriture et composition Audrey Daoudal, Vivien Simon, Simon Waddell
Avec Audrey Daoudal, Vivien Simon, Simon Waddell, Thomas Favre, Justine Laraigné ou Thomas Lucet
Après le succès de ses adaptations de La petite sirène et de La Belle au bois dormant, le Collectif Ubique se saisit du célèbre conte issu des Mille et une Nuit. Attirés par la figure extravagante du Génie et son pouvoir vertigineux, les artistes explorent la fascinante Caverne aux Merveilles et en reviennent avec une nouvelle histoire. Dans cet endroit secret seraient cachées les choses les plus extraordinaires de la Terre, et notamment la dernière lampe, dans laquelle sommeille le dernier des génies.
Instruments anciens, théorbe, percussions, violon et piano rythment cette aventure à la rencontre du Puissant Sorcier, du Génie et d’Aladdin, le voleur au cœur pur. Un danseur accompagne les musiciens et nous envoûte d’une chorégraphie proche du flamenco et de la tarentelle. On retrouve aussi l’humour subtil du Collectif, son sens du détournement et du clin d’œil. Dans un monde qui semble avoir perdu le goût du merveilleux, ce spectacle offre un moment lumineux, réjouissant et résolument optimiste.
Représentations scolaires, salle Rabelais, les 23 et 24 mars 2026
Co-productions EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur, Le Volcan, Scène Nationale du Havre, Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, Théâtre Municipal de Coutances, Pont des Arts - centre culturel de Cesson-Sévigné, Théâtres de Maison-Alfort, Théâtre du Champs-Exquis - scène conventionnée d’Intérêt National, Blainville-sur-Orne, Le Carroi de la Flèche, Le théâtre d’Angoulême - scène nationale
Soutiens Département de la Seine-Saint-Denis
Accueil en résidence Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, Théâtre Municipal de Coutances, Le Sax d’Achères, La Ferme du Buisson, Le Théâtre Eclat, Pont-Audemer, Le Sel de Sèvres, Le théâtre d’Angoulême - scène nationale, Pont des Arts -centre culturel de Cesson-Sévigné

Écriture Anthony Diaz, Marilou Courtois
Mise en scène Anthony Diaz
Dramaturgie et collaboration artistique Vincent Varène
Musique Mélys
Avec Marilou Courtois, Marjorie Efther, Mélys
Construction marionnettes Francesca Testi
Conception et création lumières Antoine Moriau

D’après Autobiographie d’une courgette de Gilles Paris
Adaptation Pamela Ravassard, Garlan Le Martelot
Mise en scène Pamela Ravassard
Avec Vanessa Cailhol, Florian Choquart, Garlan Le Martelot, Lola Roskis Gingembre, Vincent Viotti
Icare, alias Courgette, a dix ans et vit seul avec sa mère. Un jour, alors qu’il s’ennuie, il trouve un pistolet dans une vieille boîte et essaie de "tuer le ciel", grand responsable de ses malheurs. Mais un coup fatal part… Orphelin bien malgré lui, pris sous l’aile d’un gendarme un peu bourru, Courgette est alors placé aux Fontaines, un foyer où il rencontre Simon, Ahmed, Camille, Kévin et tant d’autres. À eux tous, ils forment une communauté où se mêlent tendresse, secrets, violence et confidences. Un peu solitaire, un brin candide et surtout trop gentil, Courgette va apprendre à se reconstruire, à s’intégrer à un groupe, à se faire des amis et à ressentir les premiers émois amoureux. Avec des mots qui n’appartiennent qu’à lui, il nous raconte ses rencontres et ses doutes. Pour servir ce récit révélé par Claude Barras au cinéma, Paméla Ravassard a choisi de mettre en avant la parole de l’enfant. Dans un tourbillon d’énergie, les musiciens accompagnent le récit de chansons folk et rock, soulignant la lumière derrière le drame. Ensemble, ils nous offrent une belle histoire de résilience, d’humanité, d’amour et de fraternité.
Production Compagnie Paradoxe(s)
Coproduction le Théâtre – Scène Conventionnée d’Auxerre
Avec le soutien de la DRAC Bourgogne Franche Comté dans le cadre du plan France Relance, la Région Bourgogne Franche Comté,
le Département du Doubs, le Conseil Départemental du Val de Marne, l’ADAMI, la Spedidam, le Théâtre Dijon Bourgogne dans le cadre du plan de soutien, le Réseau Affluence, le Réseau Scène O Centre, les Théâtrales Charles Dullin
Aide à la résidence de création Théâtre Gaston Bernard - Châtillon-sur-Seine, Théâtre de Beaune, les Théâtres de Maisons-Alfort, EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur
Partenaires Théâtre de Morteau, Théâtre de la Tempête, Théâtre Le Vallon, Théâtre des Béliers
Construction Atelier décor de la MC93


Théâtre, chant lyrique, ombres dès 4 ans
Elliott, cinq ans, s'ennuie : personne ne veut jouer avec lui. Clara, dix ans, fait la tête : elle doit garder son petit frère pendant que les parents font des courses. Les deux enfants se chamaillent, mais leur dispute se transforme peu à peu en jeu, qui les transporte d'une fête foraine à un bateau pirate. Elliott et Clara commencent un fabuleux voyage dans le même imaginaire, jusqu'au Pays des Mélodies, où les tigres sont bleus et où les éléphants mangent de la confiture. L'occasion de partager à la fois leurs craintes, leurs espoirs et leurs questionnements d'enfants : le grand Lustucru existe-t-il ? Devenir docteur ou astronaute ? Est-ce qu'on est obligés de garder le nouveau petit frère ?
Et surtout, est-ce qu'on peut être un grand et quand-même vouloir rester encore un tout petit peu un bébé ?
Durée 1h
Représentations scolaires les 7 et 9 novembre 2023 à 10h et 14h15
Représentations pour les centres de loisirs le 8 novembre 2023 à 10h et 14h30
Compagnie les Deux Croches Rondes
Coproductions EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur, Théâtre de Saint-Maurice TVO
Soutiens du Département du Val-de-Marne, de la Région Île-de-France, de la SPEDIDAM, du Théâtre National de l'Opéra Comique

D’Anton Tchekhov
Version scénique Gérard Wajcman
Mise en scène Brigitte Jaques-Wajeman
Avec Pauline Bolcatto, Raphaël Naasz, Bertrand Pazos, Raphaèle Bouchard, Sophie Daull, Timothée Lepeltier, Pascal Bekkar, Fabien Orcier, Vincent Debost
Nous sommes au bord du lac, c’est l’été. Dans la petite propriété de Sorine où se retrouvent Nina, Trigorine, Arkadina et les autres, on parle littérature, on fait du théâtre, on s’avoue des passions rarement réciproques mais toujours dévorantes. Dans ce petit paradis bourgeois, Treplev enrage. Comment prouver à sa mère, actrice consacrée, que le théâtre doit s’émanciper des formes de la tradition ? Trigorine, écrivain à succès, n’est pas plus heureux. Sous le regard amoureux de Nina, il se sent imposteur et se sait tout petit face à ses modèles. La jeune fille quant à elle, radicalement convaincue que le théâtre c’est la vie, nous fait entrevoir cet absolu de la beauté qui fait d’elle un oiseau blessé dans son envol, d’une vitalité à fleur de peau. Dans ce chef-d'œuvre de l’intime, Brigitte Jaques-Wajeman circule avec finesse et un sens saisissant de la distance. À la manière de l’auteur, il s’agit bien de restituer le drame de ce huis-clos sans juger les personnages, sublimes, qui s’y débattent.
Représentation le 31 janvier 2023 à 20h30
Spectacle offert aux abonnés
Durée 2h
Production Compagnie Pandora
Coproduction Théâtre de la Ville-Paris

Conception, construction, jeu Kristina Dementeva, Pierre Dupont
Création lumière et régie Romain Le Gall-Brachet
Regards extérieurs Faustine Lancel, Lou Simon
Théâtre de marionnettes dès 8 ans
Venez rire de la fin du monde !
Bradi le paresseux et Toto le singe se questionnent : y a-t-il un ailleurs où se rendre, en dehors de leur boîte ?
La mésaventure de la hyène tachetée et du Lombric Terrestre est plus désastreuse encore : derniers témoins du vivant, ils assistent à la disparition du sol sous leurs pattes.
Déployer des stratégies de survie semble voué à l’échec, mais que faire d’autre ?
Quant à ces deux créatures squelettiques qui dialoguent sous terre, elles nous interrogent en profondeur : les souvenirs que nous avons d’un monde éteint sont des preuves de notre vie passée. Sauf si la mémoire flanche à son tour, après plusieurs millions d’années de sédimentation...
Représentations scolaires, le 6 avril 2023 à 10h et 14h
Durée 1h10
Production Théâtre Halle Roublot - Compagnie Espace Blanc
Coproductions Théâtre à la Coque à Hennebont - Centre National de la Marionnette, Festival MARTO, Le Sablier à Ifs et Dives-sur-Mer - Centre National de la Marionnette, Centre culturel Athéna - Scène de territoire pour la marionnette – Bretagne, L’Hectare – Territoires vendômois - Centre National de la Marionnette, Théâtre Antoine Vitez – Ville d’Ivry-sur-Seine,
EPIC Théâtre et cinémas de Saint-Maur, Maison du Théâtre à Brest, Le Périscope - Scène conventionnée Arts de la marionnette,
Le Strapontin - Scène de territoire de Bretagne pour les arts du récit à Pont Scorff, Le PIVO - Pôle itinérant en Val d’Oise,
Artiste Initiative d’artiste – La Villette Paris
Soutiens Ministère de la Culture - DRAC Ile-de-France, La Région Ile-de-France, Le Conseil départemental du Val-de-Marne,
La Ville de Fontenay-sous-Bois, Espace Périphérique (Mairie de Paris - Parc de la Villette), Résidence à L’Echalier - Atelier de Fabrique Artistique – Saint-Agil

Ecriture, scénographie et mise en scène Anthony Diaz
Assistance à la mise en scène Neveen Ahmed
Dramaturgie et collaboration artistique Vincent Varène
Composition musicale Alice Huc
Avec Ornella Amanda, Maxime Renaud, Vincent Varène
Céleste est une petite fille en plein développement. Accompagnée de son fidèle doudou, elle explore son environnement, à tâtons, comme tous les enfants. Pour grandir, elle apprend à distinguer ses propres contours et à reconnaître l’extérieur comme étranger à elle-même. Mais ce monde est peuplé de tant de choses ! Pour Céleste, c’est évident : il faut que tout cela soit à elle. Alors elle amasse, elle s’accapare, elle accumule, ivre de possession. Et pourtant, le désir de Céleste n’est toujours pas rassasié… Que faut-il faire avec tous ces objets, si ce n’est pas les prendre et les garder autour de soi ? Avec À moi !, l’équipe artistique de Jeu revient au Théâtre de Saint-Maur pour nous interroger sur le développement de l’enfant et les enjeux de la possession. Des marionnettes de ouatine et de tissu nous plongent dans l’univers feutré des objets transitionnels. Une traversée légère et symbolique, drôle et émouvante, où Être et Avoir se mêlent à l’excès pour nous questionner, petits et grands, sur le réflexe de convoiter et la construction du Moi.
Réprésentations
Mercredi 6 mars 2024 à 10h et 15h
Salle Radiguet
La compagnie A Kan la Dériv' est conventionnée par le Département du Val-de-Marne
Soutiens à la création AG Amin Théâtre - Théâtre Dunois, Pocket Théâtre de Nogent-sur-Marne, Théâtre Antoine Watteau Scène Conventionnée Jeune Public, Théâtre de Saint-Maur, Scène 55 de Mougins, Théâtre de Suresnes, Théâtre Halle Roublot, ville de Nogent-sur-Marne, DRAC Ile-de-France

Représentation
Mai vendredi 12 à 20h30
Durée 1h30
AUTOUR DU SPECTACLE
> Conférence Molière par Chistophe Peter, le mardi 19 janvier à 14h
> Plateau-philo Nos enfants nous appartiennent-ils ?, animé par Dominique Paquet, docteure en philosophie, autrice et comédienne, le vendredi 12 mars à 19h // Salle Radiguet - Durée 1h
Production Compagnie La Mandarine Blanche
Coproduction Le grand R – Scène nationale de La Roche-sur-Yon, La Ferme de Bel Ebat – Théâtre de Guyancourt, Théâtre de Saint-Maur, Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, Théâtre Madeleine Renaud de Taverny, Sud Est – Théâtre de Villeneuve-Saint-Georges
En partenariat avec Maison des Arts du Léman de Thonon-Les-Bains, L’Espace Molière de Talange, La Madeleine – Scène conventionnée de Troyes, La Scène de Châtenois/Le Trait d’Union de Neufchâteau, Théâtre de Saumur, Théâtre des 2 Rives de Charenton, Théâtre du Vésinet – Alain Jonemann, le TAPS -Théâtre actuel et public de Strasbourg, Théâtre Louis Jouvet de Rethel-Ardennes – Scène conventionnée d’intérêt national art et création, l’Athénée – Petit Théâtre de Rueil, La Méridienne – Scène conventionnée de Lunéville, Les 3 Pierrots de Saint-Cloud, Carré Bellefeuille de Boulogne-Billancourt
En coréalisation avec le Théâtre de l’Epée de Bois – Cartoucherie Paris
Avec le soutien de la Région Grand Est
Avec la participation artistique du Studio d’Asnières – ESCA
Avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Comédiens de l’ESAD - PSPBB
La Mandarine Blanche est conventionnée par la DRAC Grand Est – Ministère de la Culture





Jean-Jacques MILTEAU et Xavier SIMONIN ont adapté en 2011 L’Or de Blaise Cendrars, une oeuvre littéraire majeure de la littérature européenne décrivant l’authentique odyssée d’un suisse, Johann August Suter, vers les Etats Unis naissants du XIXème siècle. Cette histoire universelle incarnée par la migration d’un européen, trouve son prolongement naturel dans le chef d’oeuvre de Steinbeck évoquant les Etats Unis du XXème siècle et la grande migration interne du Dust Bowl vers la Californie.
L’exode de la famille Joad, abandonnant leur terre d’adoption ravagée et convoitée par les grandes firmes bancaires, dépensant jusqu’à son dernier « dime » pour migrer vers une terre promise, qui ne révèlera que désillusions et exploitation économique et humaine, donne à John Steinbeck matière à décrire espoir et misère, générosité et mesquinerie, amour et lassitude … Les effets d’échos avec les enjeux actuels sont saisissants de prémonition et tendent un miroir fulgurant sur notre époque.
Notre spectacle propose de restituer cette histoire d’hier qui résonne aujourd’hui comme un présage pour demain. Notre lumière sera la musique offrant la faculté d’éclairer la tragique histoire des Joad et de nous transporter par des voies sensibles tout au long de la route 66. Un texte fondateur, des voix pour le porter, entre chant et narration, entre langue américaine et française, les raisins de la colère sur scène nous invite à l’itinérance sublime de « nos » familles dans un monde qui vacille.
Compagnie Sea Art
À la lecture de son ouvrage, j’ai eu le sentiment immédiat de rencontrer une conscience exemplaire, une conscience repère, une conscience amie me permettant de prendre la mesure de toutes choses. Jean Zay fut l’un des bâtisseurs méconnus du Front Populaire, un fervent démocrate à qui l’on doit nombre d’institutions scientifiques et culturelles, aujourd’hui piliers de la Ve République, l’un des fondateurs aussi de l’éducation populaire. Il représente la figure-même du serviteur de l’Etat, portant haut les valeurs citoyennes, un humaniste doué de raison n’ayant d’autre horizon que l’intérêt public. La force de son témoignage est de nous révéler que la vertu de l’homme politique coïncide entièrement avec celle de l’homme tout court. Grâce à lui, nous pouvons croire en cette merveilleuse cohérence.
Son attention aux autres, au monde qui l’entoure, ne faiblit jamais, tournée vers la quête sans ego et sans peurs de ce qui peut représenter en toute occasion l’expression d’une vérité. Elégance, courage, rigueur et esprit de compassion, tels sont les termes qui pour moi caractérisent son récit. Car, même quand Jean Zay parle de lui-même (comment faire autrement quand il s’agit de solitude), c’est avec le souci du partage, de la lisibilité d’une réflexion placée à un endroit d’intelligence commune, sans pathos, ni acrimonie. Son regard est en ce sens intimement politique. Au sens noble du terme.
Autant dire qu’une telle parole résonne aujourd’hui de manière salutaire, pour nous, citoyens d’une époque où le politique est en crise, dévoyé par tant de jeux de masques et de stratégies du mensonge. Simone Veil nous a offert l’exemple d’une femme politique intègre. Jean Zay pourrait être son frère. Leurs figures sont ô combien précieuses.
C’est cet endroit de conscience aigüe - de notre condition historique et de notre condition humaine - qu’avec Xavier Béja nous tenterons d’atteindre. Il s’agira de ne rien surjouer, de ne rien dramatiser qui ne soit utile. Le personnage de Jean Zay se dessinera en creux. Aucune démonstration de souffrance, aucune prise en otage émotionnelle, aucun présupposé tragique.
Le travail sera de trouver la juste distance.
Pour ce faire, nous concevrons le plateau comme un espace mental. Un espace de circulation entre présent et souvenirs, entre l’intimité du ici et maintenant et l’éparpillement de l’Histoire. Pas de représentation réaliste d’une cellule, pas de héros pleurant sur sa misère au fond d’un cachot, mais le voyage d’une conscience, incarnée, amie, présente.
Cet espace mental sera habité par quelques éléments de mobilier mais nous le structurerons avant tout grâce à la lumière et à la vidéo, peu de lieux véritablement matérialisés. Un dispositif de chambres et de passages délimités par la projection de lignes et de formes géométriques. Dans cet espace mouvant seront également projetées des images d’archives ainsi que les créations de notre vidéaste.
Le travail sur le corps de l’acteur sera primordial, placé au juste endroit de la pensée, et incarnant les différentes étapes de la captivité. En toute sobriété.
Enfin, il s’agira de faire entendre la dimension littéraire de l’œuvre. Car Jean Zay, en plus d’être un homme remarquable, est un remarquable écrivain. Sa langue est d’une clarté pénétrante. Nombre d’images sont saisissantes. A nous de permettre au spectateur de se laisser porter. Mais toujours dans le mouvement d’une pensée vivante, active.
C’est de vie qu’il s’agit, de combat, celui d’un homme luttant contre son anéantissement moral et intellectuel.
Une formidable leçon de présence au monde."
Michel Cochet

Représentations à l'Espace Paris Plaine
> Tout public
Février Mercredi 26 et samedi 29 à 15h
Mars Dimanches 1er, 8 et 15 ; mercredis 4 et 11 ; samedi 7 et 14 à 15h
> Scolaires
Mars
Mardis 3 et 10 à 9h30 et 14h30
Jeudis 5 et 12 à 9h30 et 14h30
