Défendre la lecture à voix haute, un défi relevé par les lycéens du Val de Marne

Du 02/11/2020 au 27/03/2021
La nouvelle, fille du conte : programme d'éducation artistique soutenu par la DRAC
  • présentation
Quand la littérature investit les plateaux de théâtre, à quoi s'attendre ? Comment on lit pour un public ? Comment on s'empare d'un texte à plusieurs, quand il faut lui donner le temps et l'énergie de se déployer dans l'espace de la scène ? Qu'est-ce qu'on décide de garder, de couper, de trahir ?

Premier réflexe : il n'y a pas assez de personnages, pas assez de dialogues. Second réflexe : c'est trop long, c'est trop court, et puis ce n'est pas fait pour la scène. Ce n'est même pas fait pour être lu comme ça, à voix haute. Ils n'ont pas tort sur le fond, mais justement, c'est sur la forme qu'on travaille.

C'est là que nos comédiennes interviennent et ouvrent des perspectives : dire c'est d'abord savoir ce que l'on dit. C'est d'abord respirer bien, parler fort, articuler. Dire, c'est adresser, projeter, faire un don. Ensuite vient l'effort du rythme collectif, l'écoute respective, les soutiens de la scénographie et les petits ou grands arrangements avec le texte initial.

Deux classes du lycée Albert de Mun de Nogent sur Marne, une classe du lycée Christophe Colomb de Sucy en Brie et deux autres du lycée Gourdou-Leseurre de Saint-Maur se frottent en ce moment-même à ces questions. Les uns sur des récits de Laurent Gaudé, les autres sur du Bradbury ou du Calvino.

C'est l'occasion d'échanger en classe sur ce qu'est la scène et ce qu'elle permet, mais c'est aussi le moment de laisser émerger sa voix, de la porter haut, dans le groupe et au delà.

Dans ce travail collectif qui vise à incorporer des textes d'auteur et à les restituer pour autrui, certains paraît-il se sont même mis à danser pendant les séances. Et oui, c'est aussi ça, adapter des mots pour la scène.