Aujourd’hui, les plateformes télévisuelles à la demande se multiplient et effraient les professionnels du 7ème art. On a cru également longtemps que la télévision et le cinéma allaient tuer le théâtre. Il n’en est rien. Il n’y a qu’une manière de tuer les arts, c’est de tuer l’originalité. Heureusement, chaque génération produit des artistes de talent et quelques génies qui révolutionnent les genres et réveillent notre curiosité. Il n’y a peut-être plus d’artistes maudits mais il y a une surenchère des moyens de communication, une surpuissance des médias télévisuels qui n’ont pour contre-pouvoir que le bouche à oreille initié par un public connaisseur que ne s’en laisse pas conter.

Cette nouvelle saison, c’est l’occasion pour moi de vous faire découvrir de réels coups de cœur, de partager avec vous des émotions fortes, qui n’ont pas été forcément repérés par les grands médias faute du soutien d’un attaché de presse ayant pignon sur rue.
J’ai été particulièrement attentive à laisser une large place aux jeunes que nous devons plus que jamais convaincre qu’ils ont tout autant besoin de l’imprévu de la scène, du charme du grand écran que de la consommation sur canapé de la dernière série à la mode. On ne peut apprécier les uns sans connaitre les autres.
Tout au long de ce programme, vous pourrez constater que les têtes d’affiche côtoient des artistes plus confidentiels. Je me vois ici obligée de piocher dans quelques spectacles à titre d’exemple. Tous méritent votre intérêt.

Je pense à cet immense humoriste qu’est Gauthier Fourcade. C’est un fou lunaire qui vous étonnera. Il remplit les salles d’Avignon et de Paris grâce à ce fameux bouche à oreille qui est la respiration des passionnés.

Je tiens à attirer votre attention sur ce bijou qu’est "Un rapport sur la banalité de l’amour". N’allez pas croire que c’est un spectacle haut perché dans les sphères intellectuelles. C’est avant tout une histoire d’amour entre deux grands philosophes qui sont tout aussi emprunts de faiblesse que n’importe lequel d’entre nous.

Dans un genre plus léger, j’ai été terriblement surprise par cette histoire du théâtre en 1h12 qui est tout autant drôle et insolente, gonflée et instructive.

J’ai découvert il y a peu le génial chorégraphe Hofesh Shechter et je vous invite à tenter l’expérience de ce spectacle sur vitaminé. La danse contemporaine est un art qui ne supporte pas la routine et qui exige la perfection.

Il y a dans ce programme des créations. J’ai voulu faire confiance à un jeune artiste qui monte très fort en ce moment. J’ai été particulièrement impressionnée par ces précédents spectacles. Il a choisi d’adapter à la scène "Fahrenheit 451". Le film qu’avait réalisé François Truffaut en 1966 est resté dans l’histoire. Il m’a marqué. Je sais que Jérémie saura nous en proposer une version "brûlante". Nous aurons également l’honneur d’accueillir en résidence l’équipe du théâtre de la ville dans une mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota : "Les sorcières de Salem". Décidemment, le maccarthysme nous réinterroge à juste titre.

Après avoir travaillé sur les œuvres de Zola et Diderot, très titillée par l’actualité, j’ai eu un fort désir de parler de notre époque au travers du phénomène des lanceurs d’alerte. J’ai voulu écrire un thriller décalé et je l’espère percutant qui, tout en vous faisant rire ou sourire, vous permettra de vous interroger de la bonne façon sur les dangers et avantages de la mondialisation. Les artistes qui me suivent sur ce projet sont charismatiques et talentueux. Je vais avoir un réel plaisir à répéter avec eux à partir de janvier 2019. N’hésitez pas à toquer à la porte pour jeter un œil aux répétitions.

Nous aurons aussi le bonheur d’accueillir un opéra "Didon et Enée" par l’ARCAL. C’est incontestablement une grande œuvre très émouvante alors préparez-vous à sortir vos mouchoirs car la musique de Purcell va fouiller très loin dans vos cœurs.

Armand Eloi, qui a monté "L’école des femmes" tout récemment, revient avec "Mom's", une comédie hilarante sur les mamans adaptée d’un énorme succès à Broadway. J’ai pu assister à un show case et j’ai été cueillie par la drôlerie du propos.

Nous finirons la saison avec du funk et du feu grâce à un "Tribute to Prince" de très haut niveau à l’occasion de l’anniversaire des trois ans de la mort du Kid de Minneapolis.

Je n’ai pu que piocher dans ce programme mais j’ai tant à vous raconter sur tous avec passion alors n’hésitez pas, venez le plus souvent possible nous rendre visite. Nous saurons vous faire voyager loin des contraintes du quotidien.

Belle saison !

Florence Camoin, Directrice

 
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